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Neuf gestes
pour sauver la planète... Sauver l'eau, sauver le monde...
Silvia Galipeau La Presse
Pas la peine de jeter
vos bottes de cuir par la fenêtre, prendre le virage de l'énergie
solaire, bannir la viande au profit de la luzerne, ou ne manger
que du bio, toujours du bio. Si vous souhaitez sauver la planète,
une poignée de petits gestes tous simples sont à la
portée de votre main. Tous simples et surtout réalistes,
ils peuvent faire une différence. |
C'est du moins le pari que s'est donné le Center
for an American Dream, organisme américain sans but lucratif,
en lançant son programme Turn
the Tide (littéralement: renversez
la marée), l'an dernier. Conscient que le discours
alarmiste des environnementalistes pouvait parfois sembler décourageant,
donnant l'impression que la fin du monde approche dangereusement
et inéluctablement si tous, nous ne changeons pas radicalement
notre mode de vie au plus vite (plutôt hier que demain), l'organisme
propose ici une série de neuf petits gestes, simples, accessibles
et réalisables, permettant à tous de contribuer à
construire, collectivement, un monde moins sale. L'originalité
de l'approche ne repose pas tant dans sa simplicité - d'autres,
avant ce groupe, ont proposé des gestes simples pour nettoyer
la planète - que dans son aspect quantifiable. Vous voulez
savoir, concrètement, combien d'arbres vous sauverez en évitant
qu'on vous envoie des circulaires et autres courriers papier non
désirés? Combien de litres d'eau vous économiserez
en renonçant à un seul repas de boeuf par semaine?
Pour le savoir, il vous suffit de consulter le site Internet de
l'organisme, qui vous calculera en un tour de main l'impact direct
de chaque petit geste posé. Au total, neuf vous
sont suggérés.
Le
premier: sautez un voyage en voiture
par semaine. Un trajet de moins seulement, et au bout d'un an, vous
aurez réduit l'équivalent de 950 livres (431 kg) vos
émissions de gaz carbonique, assure-t-on.
Deuxièmement: renoncez un repas de boeuf par semaine. En réduisant
ainsi votre consommation de viande, au bout d'un an, vous aurez
permis d'économiser plus de 40 000 gallons d'eau (148 000
litres), 70 livres de céréales (31,8 kg), et 300 livres
de CO2
(136 kg), dit-on. Troisièmement: réduisez la paperasse postale. En réduisant
seulement de moitié tous les papiers que recevez par la poste,
vous sauverez 1/6 d'arbre, 70 gallons d'eau (259 litres), et réduirez
de 46 livres vos émissions de CO2 par année (20,9 kg). Et ainsi de suite:
oubliez les crevettes (dont la pêche tue un grand éventail
de vie marine), baissez le thermostat de trois degrés, bannissez
les pesticides dans le jardin, réduisez la consommation familiale
d'eau, etc. Le dernier des petits gestes, et non des moindres, mérite
mention: convertissez deux amis au programme. Résultat? Triplez
tous les chiffres mentionnés ci-haut. Ainsi, apprend-on
sur le site Internet du programme, depuis son lancement en août
dernier, grâce à la participation de tout près
de 10 000 cybermembres, Turn the Tide aurait permis de réduire de plus de quatre
millions de livres (1,8 million de kg) les émissions de gaz
carboniques, épargné près de 47 millions de
gallons d'eau (174 millions de litres), sauvé 9910 livres
d'espèce marine (4504 kg), 152 arbres, et bien plus encore.
«Il existe une foule de données sur l'environnement:
quoi faire pour sauver la planète, comment, etc. Nous, nous
pensons que les gens ont besoin de voir l'impact direct de leurs
gestes pour être motivés, résume Eric Brown,
directeur des communications, en entrevue téléphonique
du Maryland. Le programme permet de calculer à la fois l'impact
individuel et collectif des participants.» Philosophe,
il compare la stratégie du programme aux résolutions
du nouvel an. Inutile de se fixer des objectifs trop ambitieux,
qui ne seront tenus qu'une semaine, voire moins, dit-il. Mieux vaut
demeurer réaliste et atteindre ses objectifs. «Parce
que si au Nouvel An, vous vous promettez de perdre 50 livres, vous
risquez d'être déçu!»
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