Fondement économique
du mouvement Citerrien


    Il ne saurait y avoir de propositions  envisageables, de perspectives, sans une vision claire des mécanismes économiques et financiers. La politique ne peut plus se permettre de n'être que des prises de positions idéologiques, elle doit s'appuyer sur le réel, sur ce qui existe ou sur ce qui est possible.

    L'économie est une science complexe, au langage souvent difficile, réservé semble-t-il aux seuls initiés. Pour beaucoup de personnes il est difficile de comprendre les lois du commerce, tant nous sommes baignés dedans. Sans doute aussi, cela a-t-il été plus ou moins volontaire, afin de garder la population dans l'ignorance, car connaître les lois de l'économie c'est déjà envisager la possibilité de moins les subir, voire de s'en rendre maître.

    Et c'est justement le regard naïf, et les questions parfois simplistes des non-initiés qui nous ont permis de dégager la vision sous-jacente. En fait, nous sommes tous plongés dans une sorte d'hypnose collective qui nous donne à voir sa version de la réalité. Nous nageons dans une sorte d'illusion : l'économie est ainsi, non pas pour des raisons inévitables, universelles, auxquelles nous ne pouvons échapper, mais simplement parce qu'on a pris l'habitude de les considérer comme telles. Parce que nous avons accepté par culture, par éducation sociale, certains faits comme vrais. Ces "lois" sont là depuis quelques générations : cela leur donne "naturellement" une forme d'existence inaltérable et monolithique. Nous sommes peu capables de les remettre en question simplement parce que leur existence fait partie de notre paysage mental, et nous semble aussi évident que la présence d'arbres et de rochers. C'est en fait, presque, une simple question de neurologie.

    Il n'est pas de système indestructible bien sûr, car un système monétaire, quel qu'il soit, n'est qu'un "objet" artificiel, plus ou moins performant, plus ou moins complexe ou adapté, mise en place pour répondre à une nécessité. Ce n'est qu'une construction démolissable, ou adaptable si besoin.

    Au nom de ce mode économique "habituel" on croit normal qu' " un état manque d'argent", que" la pauvreté soit donc inévitable", que "des classes enfantines soient obligatoirement surchargées", que les infrastructures restent insuffisantes, les sans-abris insecourables et le Tiers-monde exsangue. Et comble de l'absurde, on croit l'existence même du système boursier inévitable, nécessaire et utile, et le chômage un mal inguérissable !

    Or tout ceci est faux, non pas maintenant pour beaucoup, évidemment, mais dans son caractère inévitable, et surtout dans les bienfaits qu'il est censé nous procurer. Le système monétaire n'est pas ce qu'il devrait être dans l'état actuel de nos connaissances et de nos moyens.

      Il est dépassé.

        Totalement.

    Tout simplement parce qu'il a été construit au fil des décennies, de bric et de broc, par les aléas de l'histoire et les influences de quelques-uns. Il a de ce fait totalement manqué de vision d'ensemble et ses différents morceaux ne sont qu'une suite d'accotements d'éléments pas vraiment faits pour s'imbriquer harmonieusement. D'où les ravages qu'il produit pour des milliards d'individus.

    On peut faire cette évidente comparaison : notre système est comme une vaste demeure compliquée, bâtie au fil des ans de manière anarchique, avec des matériaux divers et non compatibles. Une petite mesure ici, une négociation là, un accord encore à cet endroit... et on rajoute un étage branlant à une construction dont les fondations sont de plus en plus pourries. Les penseurs de l'anti-globalisation, tels de fougueux termites éclairés, sont en train de ronger l'édifice, qui n'en peut plus et d'absurdité et d'incohérence et d'inhumanité. Les pièces sont de plus en plus exigües, les couloirs inutiles, les placards trop obscurs. Les passages dans certains secteurs de cette étrange bicoque sont obligés, alors que cela procure des désagréments totalement inutiles et néfastes...

    Il est temps tout simplement de changer de demeure et de vivre dans un lieu enfin salubre, construit pour répondre aux besoins de tous, dans la simplicité.

    Le système social planétaire est au bord de l'implosion et l'écosystème ne pourra survivre longtemps aux conséquences dévastatrices de notre mode de financement. Nous mêmes, en tant qu'espèce, ne pourrons peut-être pas perdurer si nous continuons ainsi la destruction du vaisseau Terre.

    Le libéralisme est allé très loin dans la déformation de cette chose normale et nécessaire qu'est l'argent. L'argent à l'origine n'est qu'un simple moyen d'échange, ni plus, ni moins... Or, que lui arrive-t-il ? Il perd un jour de sa valeur, le lendemain la reprend, permet un jour l'achat de x quantité de biens, quelques heures plus tard c'est la faillite possible... l'argent est devenu un objet déformable, et pris de folie, peut ne plus rien valoir du tout pour des dizaines de milliers de personnes lors d'un krach monétaire.

    L'argent doit permettre la vie et non la dégrader : ses fluctuations concourent à des destructions dramatiques de pans d'économies localisées, ce dont on pourrait se moquer éperdument s'il n'y avait pas derrière des femmes, des enfants, des milliers d'innocentes victimes frappées et dont la vie peut être démolie en quelques minutes, juste pour un effondrement d'actions. La vision de ce qui se passe dans les places financières glace d'horreur les personnes de bon sens : d'un simple clic de souris, on peut mettre au chômage des milliers de personnes, sans même en avoir conscience. Combien de personnes sont décédées, de faim ou de désespoir suite à un licenciement inacceptable, à la chute du cours des matières premières, à la destruction programmée des cultures vivrières ou  au besoin de bénéfices des entreprises pharmaceutiques ? Combien la barbarie des flux financiers a-t-elle provoqué de morts ?  Quel est le bilan véritable de l'ultra-libéralisme ?

    Nous n'en savons pas encore le chiffre précis, mais il s'annonce d'ores et déjà plus terrible que ceux liés au communisme et au nazisme. Mais nous ne le l'envisageons pas, simplement parce qu'au cours des trois ou quatre derniers siècles, on nous a inculqué un certain nombre de fausses vérités sur l'argent.

    Par exemple, que nous pouvions impunément, au niveau humain, jouer en bourse. Que la spéculation est une chose naturelle.

    Qu'il était normal que l'argent, qui ne coûte pratiquement rien à fabriquer, ait besoin d'intérêts pour être acquis. Ainsi une maison achetée 120.000 €, peut, au final, être payée 200.000 €, voire plus, simplement parce que du temps a passé et que des intérêts ont "couru". Or, cette maison n'a pas pris une pièce de plus, ni un jardin... C'est toujours le même objet. Comment se fait-il alors que sa valeur puisse ainsi devenir différente? Tout simplement par ce que nous avons oublié cette sagesse populaire qui disait : "un sous est un sou"... Aujourd'hui un sou... est n'importe quoi !!! Et nos sociétés acceptent cela comme une chose allant de soi... La question est bien évidemment : "pourquoi autorise-t-on les intérêts à courir" ? Pourquoi, pour un prêt, ne pas simplement payer, des frais de dossier correspondant au service véritable rendu ? L'intérêt est le créateur de l'inflation, et enrichit sans raison les 10% de la population déjà la plus riche, alors qu'il en appauvrit 70%. Les gens ne savent pas que l'intérêt "plombe" les prix, tous les prix, car il intervient à tous les niveaux de la production. Et ce n'est pas marginal : les études prouvent qu'il s'agit de 10 à 90 % des prix hors taxes, suivant que le bien produit nécessite peu ou beaucoup de capital d'investissement. En moyenne, sans intérêts, nous pourrions vivre deux fois mieux ou travailler deux fois moins pour garder le même pouvoir d'achat.

    La pire, la chose la plus immonde que le système monétaire occidental ait créé, par le biais de l'intérêt, est la dette inique de Pays dit en "Voie de Développement", en réalité, pays en état d'asservissement... N'ont-il pas déjà remboursé plusieurs fois la mise de départ, et pourtant ne s'endettent-ils pas de plus en plus ? Qui plus est, nous leur avons prêté de l'argent qui n'a rien coûté à fabriquer, alors que nous leur réclamons en retour des devises qu'ils ne peuvent se procurer qu'en vendant à vil prix leur production.

    L'état français, pour ne prendre qu'un exemple, n'est-il pas en train de s'endetter chaque minute, alors qu'il n'a strictement aucune raison de le faire? Est-il sain qu'un pays comme la France ait 40 % de son économie aux mains des fonds de pension américains ? Outre le danger extrêmement grave que cela représente pour la liberté des habitants et les risques de break down généralisé, c'est totalement absurde, puisque par essence même les fonds de pension sont inutiles dans un système économique sain et rationnel.

    Il est donc plus que temps de s'attaquer aux racines du mal et de faire muter notre système monétaire vers un système permettant à chacun de combler ses besoins fondamentaux sans que cela nuise à autrui ou à notre environnement. Sans une réforme vers la simplicité et le respect de lois mathématiques cohérentes, notre habitat va tellement se dégrader que nous ne pourrons sans doute plus y vivre bientôt...

    Un système monétaire assaini ne peut passer que par un principe de base important : l'argent doit correspondre à quelque chose de fixe, valable sur toute la planète, quelque soit l'heure où un terrien s'en sert.

    Il est donc important d'en fixer une valeur inaltérable.

        Une valeur étalon.

          Comme pour l'heure, la longueur ou le poids.

    A titre de comparaison quel curieux building construirions-nous si notre mètre changeait de longueur toutes les trente secondes, comme le fait le dollar dans la folie boursière !!! Comment pouvons nous conserver un monde, si l'argent, qui permet tous les échanges vitaux, se comporte de manière aléatoire ? Il n'est pas étonnant que nous vivions... n'importe quoi et que la misère frappe des territoires entiers.

    Nous ne pouvons fixer la valeur de l'argent sur un objet, car les techniques de production varient. L'or n'est pas un candidat valable non plus, car ses stocks peuvent varier par spéculation ou chute de la production....

    La seule mesure qui soit inaltérable est l'heure de travail d'un être humain : incompressible, inchangeable, car déjà basée sur un autre étalon. Nous avons là une base stable. Quel que soit l'endroit où l'on se trouve pour une même tâche à effectuer, avec les mêmes outils et techniques, cela prendra le même temps.

    Que l'on fasse d'ailleurs une heure de travail agréable ou pénible, c'est toujours donner une heure de son temps pris sur le sommeil ou la vie privée.

    On doit donc poser :
    100 unités monétaires = 1 heure de travail humain, sur tous les continents.

    Ainsi on peut tout remettre à plat et re-analyser l'économie à partir de cette valeur étalon universelle. Alors aisément, on s'aperçoit de tout ce qui est faussé dans l'économie de l'ultra-libéralisme. Et on s'aperçoit que tout devient extrêmement simple

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    Pour nous, il n'y a pas deux sortes d'humains : ceux qui ont le droit de bien vivre et ceux qui n'ont que le droit de crever de misère pour nourrir les premiers. Tous sont enfants de la Terre,  avec les mêmes devoirs et les mêmes droits. Les hommes ont la même valeur humaine, il est donc impératif de créer un smic planétaire permettant à chacun de suffire aux besoins de base. Ce revenu permet, à minima, d'assurer suffisamment de monnaie circulante pour que les échanges se fassent partout, de manière fluide, sans les terribles rétentions que nous avons actuellement. Cela, entre autres, permet aussi de régler tous les problèmes d'immigration et de délocalisations à la source.

    Nous arrivons ainsi à un salaire horaire minimum de base, auquel pour chacun suivant sa tâche on ajoute une prime de pénibilité, de risque sanitaire, d'inintérêt ou de difficulté d'étude...

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    Autre chose achève de rendre notre maison insalubre, c'est la présence de cet outil destructeur qu'est le système boursier, rongeur de l'économie mondiale. Les entreprises sont, peu ou prou, dans l'obligation de coter, afin de trouver les capitaux nécessaires. Très bien. Mais ce faisant elles rentrent dans une machine schizophrène qui vous dit que votre valeur est de 100 millions lundi à treize heures, et de 82 millions mercredi à  neuf heures trente-six. De quoi, évidemment, devenir fou, et de faire retomber cette démence sur les employés en délocalisant, licenciant ou exploitant sans vergogne.

     

    Les entreprises et les particuliers ont besoin d'argent ? Ils sont capables, globalement, de rembourser ? Et bien qu'attend-on pour leur en prêter ???? Qu'attendent donc les états, ou une banque internationale à but non lucratif pour permettre ce prêt vital nécessaire ? Pourquoi confier au privé et au risque des spéculateurs la santé de toutes nos entreprises de nos économies et de nos états? Bref pourquoi alors que nous sommes en démocratie abdiquons nous au privé le droit et le pouvoir de gérer nos vies ? Est-ce que nous marchons sur la tête ? Pourquoi l'état, qui a à sa disposition des percepteurs tout à fait performants, n'est-il pas capable de prêter à ses citoyens l'argent dont ils ont besoin, et qui ne coûte pratiquement rien à fabriquer, si ce n'est un peu d'encre, un dessin, du papier et des machines ? Pourquoi diable laisser le financement de notre économie au privé, qui, et c'est dans leur logique, ne prête qu'avec intérêts?

     

    Il est donc de la plus haute urgence que tous les financements, et en premiers lieu, ceux nécessaires aux travaux d'intérêt collectif, soient assumés sans intérêts par les états. Nos études ont montré que 100 Milliards de francs d'investissements en création de biens publics avaient un effet multiplicateur et permettaient, directement et par toutes leurs retombées secondaires, la création de 1,6 millions d'emplois et une activité globale de 260 Milliards de francs. Et, mieux, qu'en fait cet investissement, s'agissant d'un flux financier, repassait au terme d'un certain nombre de cycles monétaires, intégralement à l'état. Ils ne coûtent donc rien à personne.

     

    En fait l'économie est actuellement compliquée, inaccessible au commun des mortels, uniquement parce que ses postulats de bases sont mathématiquement faux : comme une équation tronquée dès le départ, toutes les opérations suivantes deviennent incroyablement tarabiscotées pour les faire rentrer dans la démonstration...

     

    Au lieu d'une variable aléatoire, l'argent, établissons notre équation avec une valeur fixe et tout se résout de lui-même... Il n'y a plus de problèmes de dette, de déficits publiques, de manque d'argent...

     

    Après, il n'est simplement besoin que de lois éthiques, respectueuses des travailleurs et respectueuses de notre écosystème.

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Il serait sage aussi de regarder de très près la maladie du gigantisme qui atteint systématiquement les entreprises. Quelles qu'elles soient, pour survivre dans le monde de la déréglementation, elles sont obligées de tendre à être toujours plus énormes, à écraser la concurrence sans pitié dans une sorte de folie expansionniste, et de devenir forcément multinationales. Cela a de nombreuses conséquences sur le plan humain et environnemental. Leur puissance financière est extrêmement préoccupante pour la démocratie, à partir du moment où leur budget est parfois plus important que celui des états...  

La logique du marché  pousse ces entreprises, non pas à remplir leurs rôle premier, fondamental, qui est de permettre à tous leurs employés de bien vivre sans épuiser la planète et sans transférer vers les actionnaires la richesse, déjà minime, de ceux à qui elles vendent, mais de n'être que des machines à produire de l'argent et de transformer les travailleurs en véritable chair à profit.

La sous-traitance, véritable embauche par intermédiaire, permet à l'entreprise commanditaire de s'affranchir à bon compte de toutes ses responsabilités sociales et écologiques. C'est en plus, quand cette sous-traitance se fait dans un pays en détresse un outil d'asservissement aussi terrible que l'esclavage des siècles passés.

Il serait bénéfique, afin de permettre à chacun de vivre convenablement, dans une concurrence  supportable, de revenir à des tailles d'entreprises limitées, sous-traitance comprise.  Cela faciliterait l'éthique, d'un bout à l'autre de la chaîne de production et éviterait les licenciements massifs et la vampirisation  des zones où la main d'oeuvre est encore bon marché.

L'entreprise à taille humaine est seule garante d'humanité.

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Il serait temps aussi, en adultes responsables, d'envisager l'aménagement de notre système en récompensant les comportements utiles socialement, comme une mère félicite son enfant d'un comportement bénéfique à la famille. L'humanité peut en effet être comparée à une vaste famille : il est fondamental, pour sa survie, que ses membres s'entraident et que soient positivés tout ce qui concourt à son harmonie et à sa bonne santé. Il ne viendrait à aucun parent raisonnable de féliciter ou d'encourager sa progéniture pour les dégradations, les vols, les bagarres et les trahisons. Au contraire. Un adulte responsable encouragerait l'enfant dans ses gestes socialement positifs. Alors, pareillement, au niveau collectif, nous devons nous pencher sur la question afin que les comportements altruistes et protecteurs soient mieux gratifiés que les comportements destructeurs et égoïstes (aujourd'hui, au contraire, le système encourage tous les comportements exploiteurs, dangereux, pervers, manipulateurs..).

Quand l'intérêt de la collectivité
sera couplé à l'intérêt de gagner de l'argent,
alors l'argent ne pourra plus être l'outil de la destruction des êtres et de la planète,
mais bien un système fluide permettant d'irriguer
toutes les zones de l'économie pour la sauvegarde de la vie.

 

voir les propositions :

    ball02b.gifPropositions partie 4 (Echanger et commercer au sein d’un système économique juste et solidaire. Chapitre 1 et Chapitre 2)
    ball02b.gifPropositions partie 5 (Echanger et commercer au sein d’un système économique juste et solidaire  - Chapitre 3)