Il
"suffit" de s'envoler dans l'espace pour voir
combien notre terre palpite de vie, comme elle ruisselle
de lumière sur le velours noir de la nuit... Il suffit
de regarder les autres planètes proches.. Seule,
la nôtre, sans contestation possible, est VIVANTE.
La différence est aussi frappante qu'entre le
corps d'un homme endormi et celui d'un homme décédé...
Bien sûr, pour la Terre, ce n'est pas forcément
d'une vie telle que nous pouvons l'appréhender, car
sa taille et les phénomènes en jeu dépassent
nos capacités de compréhension...
Mais
si l'on perçoit, seulement avec l'intuition, avec
la sensibilité dont nous sommes capables, alors,
oui, la Terre est bel et bien un être vivant, que
nous habitons, tout comme les microbes qui se promènent
à la surface d'un corps...
Mais
notre folie et notre technicité, notre inconscience
et notre cupidité sont sur la peau de la terre comme
un cancer maléfique. Si nous n'y prenons garde,
nous pourrions bien un jour briser son fragile équilibre...
Toute
mes excuses à l'auteur du texte ci-dessous...
je n'ai pas retrouvé ses coordonnés sur la
page que j'avais enregistrée... mais qu'il soit
remercié ici. Marie MP

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On a
beaucoup écrit et parlé à
propos de cette idée qui veut que
la Terre elle-même, prise dans son
ensemble, soit comparable à un être
vivant doté de fonctions vitales
et capable de s'auto-réguler et ainsi
de demeurer "en vie". En cette
époque où pour la première
fois l'humanité risque de mettre
à mort, littéralement, la
planète grâce à laquelle
notre évolution depuis les premiers
animacules marins et, en fait, notre existence
même aujourd'hui, ont été
possible.
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Le symbole de la déesse
Gaia, du nom que les anciens grecs donnaient à la
Terre, est devenu un point de ralliement pour tous ceux
et celles qui croient en la possibilité d'un changement
radicale dans notre manière de voir, percevoir et
concevoir notre planète. Les notions d'interdépendance
de toute Vie et de grande fragilité des écosystèmes
dont dépendent les myriades d'espèces vivantes
peuplant notre monde sont maintenant admises par la science
et par toutes les couches de la société.
Mais pourquoi alors nous acharnons-nous à détruire
l'environnement par notre mode de vie gaspilleur et peu
soucieux des conséquences à long terme, demeure
un mystère qu'il est urgent d'élucider. Alors
que les experts en environnement, aussi bien du gouvernement
que des groupes écologiques, nous avertissent que
le temps nous est compté pour effectuer des changements
majeurs dans notre comportement à l'égard
de la planète, il est tentant de se poser la question:
"Qu'est-ce qui fera vraiment changer l'être humain
au point où il prendra vraiment à coeur la
sauvegarde de l'environnement et fera les changements qui
s'imposent?" Pour trouver une réponse à
cette question vitale, il faudrait peut-être commencer
par se demander: "Qu'est-ce qui nous relie aux plans
émotionnel, aussi bien que psychologique et spirituel,
avec cette matrice de toute Vie qu'est notre planète?"
Peut-être est-ce par là qu'il faut commencer
à chercher pour trouver l'explication de notre apparente
indifférence face aux menaces qui pèsent sur
l'avenir de la Vie sur Terre. Ce n'est que récemment
que l'image de la Terre vue de l'espace nous a été
rapportée par les premiers astronautes à s'être
rendus sur la Lune. Depuis ce temps, la perception que la
Terre est notre maison commune, ou notre vaisseau spatial,
ou encore un village global uni par la technologie et les
communications, et enfin un être vivant capable de
contrôler sa température et les différentes
composantes chimiques de son environnement global, a marqué
à divers degrés l'expérience et la
vision que la plupart des humains ont de cette planète.
Cette ouverture graduelle de notre esprit à la beauté
unique et irremplaçable de la Vie sur cette boule
d'eau et de pierre suspendue dans les espaces intersidéraux
a permis pour une bonne part l'essor foudroyant des groupes
environnementaux et de la conscience écologique qui
de nos jours ont atteint le sommet de l'agenda gouvernemental,
tel que démontré par la tenue du Sommet Planète
Terre(1) de Rio de Janeiro. Bien sûr, les souffrances
subies à la suite des catastrophes environnementales
de même que les cris d'alarme lancés par les
scientifiques à propos de l'avenir de la planète
ont aussi grandement contribué à attirer notre
attention sur le sort peu reluisant fait à notre
bonne vieille Terre. Pourtant au-delà de
cette ouverture d'esprit et de ces préoccupations
nées de la menace de cataclysmes écologiques,
notre relation à la planète en tant qu'entité
vivante et probablement pensante se limite à fort
peu de choses. La révolution intérieure qui
permet à un être humain de transcender les
limites de ce que le scientifique britannique Peter Russell(2)
appelle "l'ego encapsulé dans la peau",
ne s'est pas encore faite à une échelle suffisamment
globale pour affecter de manière significative la
façon de penser de la majorité de la population
mondiale. La notion de planète en danger,
de Terre nourricière dont toute Vie dépend,
est encore bien abstraite et sans résonance émotive
pour la plupart des gens, ce qui explique déjà
en bonne partie l'indifférence quasi généralisée
à l'égard de l'écologie planétaire.
Oh, bien sûr, la plupart des gens sont en faveur du
recyclage ou de la préservation de la nature par
exemple; mais plus souvent qu'autrement, cette intérêt
est motivé par des considérations d'ordre
pratique comme les coûts élevés d'enfouissement
des "ordures" ou du gaspillage de ressources ré-utilisables,
et le besoin de loisirs tels la chasse et la pêche,
donc la nécessité de préserver les
"ressources fauniques". De même
le concept tant vanté du "développement
durable" qui vise à faire en sorte que les générations
futures puissent encore, comme nous le faisons aujourd'hui,
profiter des ressources de la planète, ne constitue
en somme qu'une forme de prise de conscience de notre responsabilité
de ne pas être trop "goinfres" dans nos
appétits de consommateurs insatiables afin que nos
enfants ne se trouvent pas devant une table vide lorsque
leur tour viendra de s'alimenter au festin planétaire.
Et, à la remorque du mythe sacro-saint du développement
économique continu, générateur de richesses
toujours plus abondantes pour une minorité choyée,
on nous encourage, ne l'oublions pas, à favoriser
un développement soutenu, transformant ainsi une
part de plus en plus grande de la nature en objets de consommation
pour l'unique satisfaction de notre seule espèce.
Or qu'en est-il de nos chances de survivre collectivement
devant la pression sans cesse accrue que ces modes de pensée
"humano-centriques" infligent à un environnement
sur le bord de l'effondrement écologique?... Presque
nulle, à moins que... À moins que ne survienne
globalement un éveil de conscience inespéré
face à la fragilité de notre "nid"
planétaire et surtout un épanouissement de
notre conscience supérieure qui par l'Esprit nous
relie à tout ce qui vit. Comme le disait si justement
Malraux: "Le 21e siècle sera spirituel ou ne
sera pas!" C'est ici qu'entre en jeu cette
fameuse "Hypothèse Gaia", proposée
par le scientifique britannique James Loveloch(3) qui, à
la suite de recherches, menées dans le cadre des
expéditions Voyager de la NASA, visant à découvrir
l'existence de formes de Vie sur d'autres planètes,
en vint à se demander si la Terre elle-même
ne formerait pas un organisme vivant. Rappelons brièvement
le fondement de cette idée révolutionnaire
qui, depuis sa proposition en 1970, a fait l'objet de vives
controverses aussi bien que du soutien inconditionnel d'un
nombre croissant de personnes de toutes origines, touchées
par la beauté et la simplicité de cette idée.
Constatant que les instruments de lecture à
bord du satellite Voyager laissaient voir que notre planète,
à la différence de Mars, bouillonne littéralement
de Vie, et réfléchissant sur le fait incontournable
que depuis son apparition sur la Terre il y a trois milliards
et demie d'années la Vie avait peu à peu colonisé
les mers et les continents et, ce faisant, modifié
la chimie et les conditions atmosphériques de la
planète de manière à satisfaire ses
exigences essentielles pour assurer sa survie, Loveloch
en vint à réaliser que "...l'ensemble
ce tout ce qui vit sur Terre, à partir des baleines
jusqu'aux virus, et des chênes aux algues, pourrait
à maints égards être considéré
comme une seule entité vivante, capable de manipuler
l'atmosphère de la Terre en fonction de l'ensemble
de ses besoins, et possédant des facultés
et pouvoirs dépassant de loin ceux de ses parties
constituantes". Pour permettre de mieux comprendre
les phénomènes fascinants qui contribuent
à maintenir cet équilibre global favorisant
la perpétuation de la Vie, citons quelques-uns de
mécanismes grâce auxquels la Vie contrôle
la planète, tel que mis en évidence par Loveloch:
1) La proportion d'oxygène dans l'atmosphère,
rigoureusement maintenue à 21%: plus, les forêts
brûleraient jusqu'au dernier arbre, moins, beaucoup
d'animaux suffoqueraient. Orchestré par toutes les
plantes et le plancton microscopique des océans,
cet équilibre, grâce à la photosynthèse
qui transforme le gaz carbonique en oxygène, se maintient
comme par magie depuis plus d'un milliard d'années.
De plus, c'est parce que l'oxygène est ainsi apparu
que la couche d'ozone a pu se former et la Vie coloniser
les surfaces émergées du globe. 2)
De même la température moyenne à la
surface du monde évite les écarts extrêmes,
malgré les épisodes glaciaires qui n'affectent
pas la ceinture verte équatoriale, grâce au
contrôle par les plantes et le plancton des océans
de la proportion du gaz carbonique à "effet
de serre" qui retient la chaleur du soleil dans l'atmosphère,
un peu comme le font les vitres d'une serre. D'autres facteurs,
tels le couvert végétal favorisant une pluviosité
régulière grâce à l'évaporation
par les feuilles, et l'ensemencement des nuages à
l'aide d'un élément chimique particulier produit
par de minuscules organismes marins, démontrent une
fois de plus le rôle clé de la Vie pour le
maintien de conditions propices à son existence continue.
3) Une autre composante essentielle à l'harmonie
de la biosphère est le taux d'acidité des
pluies qui est maintenu au degré optimal par la présence
d'ammoniaque dans l'air, à nouveau fruit de l'activité
biologique. Pas assez d'acidité et les sels minéraux
indispensables à la bonne santé des plantes
ne seraient pas mis en circulation par réaction acide.
Des pluies trop acides par contre délavent les sols
de leurs éléments minéraux et affaiblissent
d'autant les plantes, sans compter l'effet dévastateur
d'une eau trop acide pour la survie des lacs et rivières.
4) Le taux de salinité des océans
enfin. Par un mécanisme encore incompris, les océans
parviennent à maintenir à exactement 3.4%
le degré de salinité de leurs eaux, ce qui
est le pourcentage idéal pour toutes les formes de
Vie peuplant les mers. Sans cesse l'irrigation des continents
amène par les fleuves et rivières de nouveaux
sels dans les océans, et ce depuis qu'il a commencé
à pleuvoir sur Terre. Pourtant, jamais sauf dans
la Mer Morte (justement!) le taux de salinité n'a
dépassé 3.4%. Deux pourcent de plus et toute
Vie disparaîtrait des océans!
Loveloch a répertorié plusieurs autres facteurs
semblables qui, réunis ensemble et maintenus stables
pendant des centaines de millions d'années, ont permi
le foisonnement prodigieux de dizaines de millions d'espèces
qui, par le laborieux processus d'évolution, ont
façonné le monde et mené à l'apparition
de notre propre espèce. On sait les dommages considérables
causés justement par notre espèce au fragile
équilibre dont dépend la survie de tout ce
qui grouille et respire en ce monde. Comme l'affirme lui-même
Loveloch, même si nous parvenons à "bousiller"
suffisamment l'écologie de la planète pour
mettre notre propre survie en péril, il y a fort
à parier qu'une extinction massive d'espèces
- ce serait la sixième à survenir dans l'histoire
de la Terre, la première provoquée par une
seule espèce - ne serait perçue par Gaia que
comme une indisposition passagère dont elle se remettrait
avec le temps. Quelques millions d'années ne représentent
qu'une courte période à son échelle.
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