LETTRE ENVOYEE
AU PRESIDENT CLINTON, en 1998, plus que jamais d'actualité...
PAR L'EVEQUE DE FLORIDE Robert Bowman
Monsieur le Président,
Dites la vérité au peuple, Monsieur le Président,
au sujet du terrorisme.
Si les illusions au sujet du terrorisme ne sont pas détruites,
alors la menace continuera jusqu'à notre destruction
complète. La vérité est qu'aucune de
nos nombreuses armes nucléaires ne peut nous protéger
de ces menaces. Aucun système « Guerre
des Etoiles » (peu importe la technique de pointe,
ni combien de milliards de dollars seront gaspillés
dans ces projets) ne pourra nous protéger d'une arme
nucléaire transportée dans un bateau, un avion
ou une voiture louée.
Aucune arme, ni de notre vaste arsenal, ni un centime des
270 millions de dollars gaspillés chaque année
dans le dénommé « système
de défense », ne peut éviter une
bombe terroriste. C'est un fait militaire. En tant que lieutenant-colonel
à la retraite et dans de fréquentes conférences
au sujet de la sécurité nationale, j'ai toujours
cité le Psaume : « Un roi n'est pas
sauvé par une armée puissante, comme un guerrier
n'est pas sauvé par sa vigueur ».
La réaction évidente est : « Alors
que pouvons-nous faire ? » N'existe-t-il
rien, que nous puissions faire pour garantir la sécurité
de notre peuple ?
Si ! Mais pour entendre cela, il faut savoir la vérité
sur la menace.
Monsieur le Président, vous n'avez pas dit la vérité
sur le « pourquoi » nous somme la
cible du terrorisme, quand vous avez expliqué pourquoi
nous bombarderions l'Afghanistan et le Soudan. Vous avez
dit que nous étions la cible du terrorisme, parce
que nous défendons la démocratie, la liberté
et les droits humains dans le monde.
C'est absurde, Monsieur le Président. Nous sommes
la cible des terroristes, parce que, dans la plus grande
partie du monde, notre gouvernement a défendu la
dictature, l'esclavage et l'exploitation humaine. Nous sommes
cible des terroristes, parce que nous sommes haïs ;
et nous sommes haïs, parce que nous avons fait des
choses odieuses.
En combien de pays des agents de notre gouvernement ont-ils
chassé des leaders élus par leurs peuples,
en les remplaçant par des dictatures militaires,
des marionnettes désireuses de vendre leur propre
peuple à des groupes américains multinationaux ?
Nous avons fait cela en Iran, quand les Marines et la CIA
ont déposé Mossadegh, parce qu'il avait l'intention
de nationaliser l'industrie pétrolière. Nous
l'avons remplacé par le Shah Reza Pahlevi et nous
avons armé, entraîné sa garde nationale
haïe, la SAVAK, qui a réduit à l'esclavage,
brutalisé le peuple iranien, pour protéger
les intérêts financiers de nos compagnies pétrolières.
Depuis cela,
est-il difficile d'imaginer qu'il existe, en Iran, des personnes
qui nous haïssent ?
Nous l'avons
fait au Chili, nous l'avons fait au Viet-Nam. Plus récemment
nous avons tenté de le faire en Irak. C'est clair !
Combien de fois l'avons-nous fait au Nicaragua et dans d'autres
républiques en Amérique Latine ?
Une fois après l'autre, nous avons destitué
des leaders populaires, qui voulaient répartir les
richesses de leur terre pour que le peuple les gère.
Nous les avons remplacé par des tyrans assassins,
qui vendaient leur propre peuple pour que -moyennant le
paiement de sommes énormes pour engraisser leur compte
bancaire privé- la richesse de leur propre terre
puisse être accaparée par des sociétés
telles que Domino Sugar, United Fruit compagny, Folgers
et d'autres semblables.
De pays en pays notre gouvernement a obstrué la liberté
et a piétiné les droits humains. C'est pour
cela que nous sommes haïs dans le monde et c'est pour
cela que nous sommes cible des terroristes.
Le peuple du Canada jouit de la liberté et des droits
humains, ainsi que le peuple de Norvège et de Suède.
Avez-vous entendu dire que des ambassades canadiennes, norvégiennes
ou suédoises aient été bombardées ?
Nous sommes haïs parce que notre gouvernement refuse
ces choses aux peuples des pays des Tiers-Monde dont les
ressources sont convoitées par nos groupes multinationaux.
Cette haine que nous avons semée se retourne contre
nous en nous effrayant par le terrorisme, et, dans l'avenir,
par le terrorisme nucléaire.
Une fois que la vérité a été
dite sur les raisons de cette menace et une fois qu'elle
a été entendue, la solution devient évidente.
Nous devons changer nos pratiques.
Nous libérer de nos armes nucléaires (même
unilatéralement s'il le faut), améliorera
notre sécurité. Changer drastiquement notre
politique extérieure la consolidera.
Au lieu d'envoyer nos fils et nos filles de par le monde
pour tuer des Arabes en vue de prendre possession du pétrole
qui existe sous leur sable, nous devrions les envoyer pour
reconstruire leurs infrastructures, fournir de l'eau potable
et nourrir les enfants affamés.
Au lieu de continuer à tuer des millions d'enfants
irakiens tous les jours par nos sanctions économiques,
nous devrions aider les irakiens à reconstruire leurs
centrales électriques, leurs stations de traitement
des eaux, leurs hôpitaux, tout ce que nous avons détruit
et de que nous empêchons de reconstruire avec nos
sanctions économiques.
Au lieu d'entraîner des terroristes et des escadrons
de la mort, nous devrions fermer l'école des Amériques.
Au lieu de soutenir la révolte,la déstabilisation,
l'assassinat et la terreur dans le monde, nous devrions
abolir la C.I.A. et donner l'argent dépensé
pour elle aux organismes humanitaires.
En résumé nous devrions être bons au
lieu d'être mauvais.
Qui alors essaierait de nous arrêter ?
Qui nous haïrait ?
Qui voudrait nous bombarder ?
C'est cela la vérité, Monsieur le Président.
C'est cela que le peuple américain
a besoin d'entendre.
Un
beau texte, touchant et éclairant sur la volonté
de puissance...
Note :
Ironie de l'histoire ? le 11 septembre, c'est aussi,
pour ceux qui s'en souviennent, la date de l'assassinat
du Président Allende en 1973, au Chili, lors du coup
d'état de Pinochet, avec l'appui de la CIA...
-
Le texte original est diponible sur le site du National
Catholic Reporter,
qui
est l'organe de presse des catholiques progessistes aux
Etats-Unis ( restés très attachés à
l'esprit insufflé par Vatican II )
Le
texte original, en anglais est disponible sur cette page
du site du NCR
http://www.natcath.com/NCR_Online/archives/100298/100298l.htm
Liste
de discussion du TRUC http://www.truc.abri.org Après
vérification auprès de l'Archevêque
de Boston,G. LAW est bien cardinal de Boston, il n'a pas
écrit la lettre qui lui est attribuée, mais
la position des évêques US, comme celle des
principales eglises du pays, est très claire :
non à la guerre, leur site est explicite :
http://www.catholicnews.com/data/stories/cns/20021127.htm |