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Lettre ouverte |
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Un enfant africain meurt toutes les 30 secondes
du paludisme, souligne l'OMS
GENEVE, 25 avr (AFP) - Le paludisme "tue un enfant africain toutes
les 30 secondes", les enfants d'Afrique représentant l'essentiel
du million de personnes mourant chaque année de cette maladie dans
le monde, a souligné l'Organisation mondiale de la santé (OMS)
vendredi, journée africaine contre le paludisme.
L'OMS, dont le siège est à Genève, indique également
que le paludisme est la principale cause de mortalité des enfants
âgés de moins de cinq ans sur ce continent.
Sur au moins 300 millions de cas graves de paludisme par an dans le monde,
il y a un million de décès, dont environ 90% pour la seule
Afrique, déplore l'organisation.
"Le paludisme provoque plus de problèmes de santé et
de décès en Afrique qu'aucune autre maladie et touche particulièrement
les enfants et les femmes enceintes", a, de son côté,
déclaré la ministre britannique du Développement international
Clare Short, dans une bande vidéo diffusée vendredi à
Londres à l'ouverture d'une conférence des Nations unies également
à l'occasion de la journée africaine contre le paludisme.
"Le pire est que beaucoup de cela peut être évité
et nous pourrions faire infiniment mieux", a-t-elle ajouté,
appelant à une action plus "énergique" dans la lutte
contre le paludisme.
Considéré comme une maladie de la pauvreté, le paludisme,
maladie parasitaire transmise par un moustique femelle, l'anophèle,
est dans le même temps cause de pauvreté, la croissance économique
annuelle étant plus faible dans les pays très touchés
que dans ceux qui sont épargnés.
"D'après des estimations, le paludisme coûte à
l'Afrique plus de 12 milliards de dollars par an en PIB (produit intérieur
brut) perdu, alors qu'il pourrait être endigué avec une partie
de cette somme", selon l'OMS qui, avec le Fonds des Nations unies pour
l'enfance (Unicef), a rédigé, pour la première fois
depuis une décennie, un rapport complet sur le paludisme en Afrique.
Mais l'un des plus grands défis auxquels l'Afrique est confrontée
dans la lutte contre cette maladie est sa résistance aux médicaments
antipaludéens, notamment au moins onéreux et au plus utilisé
d'entre eux, la chloroquine.
"Les objectifs du G8 (les huit pays les plus industrialisés)
et des chefs d'Etat africains visant à réduire de moitié
la mortalité due au paludisme d'ici à l'an 2010 demeureront
un rêve irréalisable, à moins que les donateurs ne décident
clairement de financer un traitement efficace", selon l'organisation
humanitaire Médecins sans frontières (MSF).
L'OMS rappelle, de son côté, qu'il existe des moyens efficaces
et peu onéreux de soigner, prévenir et contrôler cette
maladie, comme des moustiquaires imprégnées d'insecticide
dont l'usage est encouragé dans le cadre du partenariat mondial dans
la lutte contre le paludisme lancé en 1998.
Mais actuellement, moins de 3% des enfants dans cette région utilisent
ces moustiquaires, selon le Dr Jane Crawlay, consultante de l'OMS sur le
paludisme.
Près de 20 pays africains ont d'ailleurs réduit ou supprimé
les taxes et droits de douane sur ces moustiquaires afin de les rendre plus
abordables.
Une moustiquaire, qui peut durer trois ans, coûte entre quatre et
six dollars, alors que dans de nombreux pays africains, les habitants n'ont
qu'un dollar par jour pour vivre, a relevé Alan Court, responsable
de l'Unicef (Fonds des Nations unies pour l'enfance), à Londres.
A l'heure actuelle, environ 20% de la population mondiale, pour la plupart
dans les pays les plus pauvres, sont exposés au risque de paludisme.
kjm-ag/cac/sym eaf
25/04/03 16:33