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Un
Serment pour Gaïa : |
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Un Serment pour
Gaïa
“Science
sans conscience n’est que ruine de l’âme”,
François Rabelais “Pantagruel”, XVIème
siècle
Version définitive
du serment du scientifique : “Je jure d’être
fidèle à l’éthique du respect des personnes
et des vies humaines et de contribuer au développement
de la connaissance et à la plus large diffusion du
savoir. Je respecterai toutes les espèces dans leur
biodiversité : ce respect inspirera mes actes et
mes projets, notamment au cours de mes expérimentations
sur les animaux ou les tissus humains. Je m’efforcerai de
soulager les souffrances de tous les êtres vivants.
Admis(e) à avoir accès à l’intimité
tissulaire ou génétique des personnes, je
tairai leur identité et m’astreindrai au secret médical.
Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de
mes connaissances contre les lois de l’humanité.
Je préserverai l’indépendance nécessaire
à l’accomplissement de ma mission. Je m’informerai
et réfléchirai au sens de mes expérimentations
et à leurs conséquences. |
Le jeudi 16 novembre 2000, s’est tenue à
Metz la 4ème édition des Etats Généraux
de l’Ethique. Tandis que les trois années précédentes
avaient concentré les débats autour des Organismes Génétiquement
Modifiés, il était question cette année d’éprouver
la pertinence d’une charte énonçant les principes fondamentaux
de la responsabilité des
scientifiques. Parmi les rédacteurs
du serment, le professeur de biologie moléculaire Gilles-Eric
Séralini, membre du comité scientifique du CRIIGEN (Comité
de Recherche et d’Information Indépendante sur le Génie
Génétique), le botaniste Jean-Marie Pelt qui était
avec lui, dès 1997, à l’initiative de la demande d’un
moratoire contre les OGM, le sociologue Edgar Morin et Corinne Lepage,
avocate et ancien ministre de l’environnement. Après discussion,
la charte baptisée «l’Appel de Metz» par les journalistes
présents, a été adoptée à l’unanimité
et pourrait bien être aux sciences de la vie ce que le serment
d’Hippocrate est à la médecine.
«Nous avons
le sentiment que ce que nous disons depuis tant d’années est
en train d’advenir. Il est temps d’être vigilant», expliquait
le botaniste Jean-Marie Pelt, lors de son discours inaugural. En effet,
devant le constat alarmant du dérèglement climatique,
en pleine psychose de la vache folle et tandis que les affaires de dopage
dans le sport et la nouvelle économie défraient la chronique,
il est plus que temps de restaurer une certaine conscience du scientifique
et par là même, la confiance du citoyen à l’égard
de la science.
Sous-informée, désinformée,
sous-estimée quant à ses capacités d’analyse et
d’appréhension des connaissances, l’opinion publique demande
aujourd’hui aux scientifiques de rendre des comptes. Elle s’organise
en réseau, donne de la voix, réclame des garanties et
s’insurge contre ce qu’elle estime aller à l’encontre du bien
commun. L’union fait la force et les citoyens l’ont bien compris. Reste
à leur offrir ce qu’ils attendent : des garde-fous.
Les multinationales font
la loi :
L’industrie a de plus en
plus la main mise sur la science. Ce phénomène récent
contribue sans nul doute à détériorer la confiance
de l’opinion. Plus que la politique, c’est elle aujourd’hui qui fait
la loi en empruntant aux scientifiques leur savoir-faire. La présidente
du CRIIGEN et ancien ministre de l’environnement, Corinne Lepage soulignait
à ce sujet que «la connaissance pour la connaissance n’est
plus un objectif de la science moderne», c’est la possible commercialisation
d’un produit qui détermine l’engagement ou non des équipes
de recherche dans son élaboration. La recherche fondamentale
ne fournissant pas les garanties d’un retour sur investissement, la
recherche appliquée, plus rentable et moins risquée, prend
le dessus. Depuis 5 ans, les chercheurs, acteurs clés de l’innovation,
reçoivent tous les deux ou trois mois des publicités de
la part d’institutions publiques de recherche les incitant à
participer à des rencontres avec les industriels. Comme le souligne
Gilles-Eric Séralini, «ceux qui ne répondent pas
à ce genre d’appel et refusent de collaborer avec l’industrie
sont considérés comme des scientifiques peu dynamiques».
De fait, le seul moyen efficace de lever des fonds pour un chercheur
aujourd’hui est de céder à ce chantage et, dans le meilleur
des cas, de monter une start-up («jeune pousse» en français)
financée par le ministère de la recherche, les universités...
Le critère de rentabilité des start-up n’est pas une fin
en soi, elles sont surtout tenues de multiplier les projets de manière
à gonfler des catalogues de brevets qui seront rachetés
par les multinationales.
Cette dépendance accrue et perverse
des scientifiques et de l’industrie pousse indiscutablement ces derniers
à s’inscrire dans un schéma de compétition et de
rentabilité commerciale et non plus à travailler pour
le bien-être et le confort de tous.
La science manipule le vivant
Le monde scientifique subit un tournant majeur : à l’hégémonie
passée de la physique nucléaire se substitue peu à
peu la recherche en biologie. La science touche désormais au
vivant, elle sait le manipuler, le reprogrammer, sans pour autant être
plus en mesure qu’auparavant de prédire les conséquences
de ses actes à long terme. Les cultures OGM, en dépit
d’interdictions localisées, se dispersent dans la nature. Les
tentatives de clonage d’êtres vivants ont lieu dans nombre de
laboratoires à travers le monde. Et même si les résultats
ne sont pas encore tout à fait probants, le pas a été
franchi avec Dolly. Des sociétés domiciliées aux
Antilles notamment, recueillent sans vergogne les billets verts de citoyens
crédules désireux d’être clonés dès
que le clonage humain «sera» autorisé. Pour beaucoup,
y compris parmi les plus inquiets et les plus réfractaires, ce
n’est qu’une question de temps : à partir du moment où
les moyens techniques existent, l’application se fera d’une manière
ou d’une autre, pense-t-on. La course aux brevets sur les gènes
humains dresse l’une contre l’autre l’industrie des biotechnologies
et de la pharmacie, et les brevets sur les végétaux permettent
à ceux qui en font dépôt, d’imposer de façon
péremptoire un certain type de culture, au point que nous allons
tout droit vers une standardisation des espèces humaines, animales
et végétales.
Indépendance
des experts ?
«Les comités
d’experts sont bien souvent concepteurs, juges et parties des projets
sur lesquels ils doivent statuer», explique Gille-Eric Séralini.
Qu’ils appartiennent à tel ou tel ministère, commission
ou multinationale, leur indépendance, comme leur objectivité
peuvent être mises en doute. De plus, le cloisonnement des sciences
aujourd’hui est tel qu’un nombre très limité d’experts
est véritablement habilité à valider une voie,
ou plus précisément un usage spécifique, de la
recherche. Paradoxalement le jugement aura d’autant plus de chances
d’être retenu que le nombre de spécialistes le prononçant
sera important... L’expert est expert en son domaine, au-delà
il émettra un avis subjectif ou éclairé par ceux
qui l’emploient. Pourtant, il est investi d’une toute puissance, d’un
pouvoir quasi-divin, s’agissant de prédire les conséquences
à long terme de recherches sur lesquelles il ne peut fondamentalement
pas avoir le moindre recul. Avant d’être spécialiste, l’expert
est un homme et non un visionnaire.
Quel interlocuteur ?
Vers qui se tourner pour que le monde ne courre pas à sa
perte ? Selon le sociologue Edgar Morin, «les politiques sont
dépassés par la complexité du monde dans lequel
ils vivent». Bien que leur responsabilité soit énorme,
«ils sont en total décalage avec les préoccupations
citoyennes», souligne Corinne Lepage. Puisqu’ils manquent d’informations,
ils se soumettent à l’avis d’experts… Comme le rappelle à
juste titre le sénateur Claude Huriet «il n’est pas non
plus dans les prérogatives du législateur de dire la morale».
Lorsqu’il autorise l’interruption volontaire de grossesse, il ne la
rend pas pour autant morale. De plus, sa marge de manœuvre se réduit
en général aux frontières d’un Etat, dans la mesure
où s’il interdit une pratique chez lui, elle pourra être
autorisée ailleurs. Pour autant l’édification d’un cadre
législatif est nécessaire pour répondre aux exigences
de sécurité de la santé humaine. Or, actuellement,
aucune instance internationale n’est chargée de dire la loi en
matière de préservation de l’environnement ou de la santé.
L’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) essaie bien de faire valoir
son autorité en ce domaine mais, d’une part ce n’est pas son
rôle, d’autre part elle compte parmi ses interlocuteurs les multinationales
pour lesquelles nombre de scientifiques travaillent. Consciente de ce
déficit législatif, Corinne Lepage réclame l’instauration
d’«un tribunal pénal international au nom de l’environnement».
Pour le moment, ce n’est qu’un doux rêve. Difficile enfin de faire
appel aux considérations religieuses dont la science s’est affranchie
depuis le 18ème siècle. Le bon sens commun, «l’éthique
de papa», comme l’appelle Edgar Morin, ne suffit pas. Il faut
réveiller les consciences à commencer par celles des scientifiques.
Experts ou non ils sont les interlocuteurs privilégiés
de chacune des corporations politiques, juridictionnelles et institutionnelles.
Si les organes de décision accordent autant de crédit
au discours des scientifiques, renforcer la conscience éthique
de ces derniers est sans doute un bon début pour assainir le
système. Il n’est bien entendu pas question de bâillonner
la science sous prétexte qu’elle a la capacité de nuire,
il s’agit simplement d’inviter les scientifiques à réfléchir
sur les potentialités de leur pratique. Comme le rappelait Corinne
Lepage, «la découverte en soi n’est pas mauvaise»,
mais son usage peut être pernicieux et «c’est contre un
mauvais usage des pratiques scientifiques qu’il convient de lutter».
Le pouvoir de dire non
Aussi l’établissement d’une
charte qui interpellerait la conscience du scientifique au moment même
où il endosse la panoplie du chercheur est un premier garde fou,
dans un système où la logique de la connaissance, qui
va de la recherche fondamentale vers l’industrie en passant par la recherche
appliquée, est inversée. La solennité de l’énonciation
renvoie le scientifique à ses responsabilités individuelles
et sociales. Comme le soulignait Etienne Vernet, président de
l’association écologiste Ecoropa, «l’existence d’une telle
charte permet en outre une levée des inhibitions individuelles
et collectives». A l’heure actuelle, un scientifique qui devient
militant est mal vu, il finit souvent par se désengager. Or,
s’il se réfère à un texte officiellement admis
par ses pairs, il aura d’autant plus de poids pour s’opposer à
une recherche qu’il jugerait aller à l’encontre de sa déontologie.
«Agir justement est plus honorable que d’obéir et cela
ne va pas forcément à l’encontre de la recherche scientifique»,
ajoutait Jean-Marie Pelt. Enfin, «le serment peut également
guider le chercheur dans sa prise de décision», dit une
personne du public qui réclame son introduction dans les contrats
de travail. Reste à convaincre les directeurs d’universités
de France, d’Europe, puis du monde entier car, comme le rapellait Edgar
Morin «les solutions fondamentales ne peuvent être efficaces
qu’au niveau international». Au regard de l’ampleur des dégâts
climatiques, sanitaires et environnementaux d’ores et déjà
observables, il est sans doute déjà trop tard pour agir,
sauf si l’on pense, à l’instar d’Edgar Morin, que «l’improbable
peut toujours arriver.»
Fanny
Héros
La petite histoire du
professeur Rémy Chauvin «Au lieu de surveiller les scientifiques,
il faudrait surveiller les applicateurs», explique Rémy
Chauvin. Selon le chercheur, l’utilisation des insecticides systémiques
contre les abeilles est un bon exemple pour le prouver. Les insecticides
systémiques sont saupoudrés sur le sol, puis ils remontent
par capillarité au cœur de la plante. L’expérimentation
en laboratoire a donné des résultats concluants. Mais
«les gens qui font de la chimie n’élèvent pas d’abeilles»,
ils ont donc une connaissance limitée des petits insectes zébrés.
Peu importe, les preuves de l’efficacité du procédé
en laboratoire semblaient suffisantes, il fut rapidement commercialisé.
Or, l’utilisation des insecticides systémiques dans la nature
s’est révélée des plus néfastes. Au lieu
d’être simplement éloignées des plantes, les abeilles
perdaient la mémoire de la ruche et mouraient de froid et de
solitude la nuit venue. Selon Rémy Chauvin, l’application industrielle
échappe aux scientifiques. Ils ne sont pas toujours responsables
des conséquences de leur découverte.
Entretien avec Gilles-Eric Séralini, professeur
de biologie moléculaire à l’université de Caen
et membre auprès du comité scientifique du CRIIGEN (Comité
de Recherche et d’Information Indépendante sur le Génie
Génétique). Non content d’avoir mis le feu aux poudres
en luttant précocement contre les Organismes Génétiquement
Modifiés aux côtés du botaniste Jean-Marie Pelt,
il nourrit aujourd’hui l’espoir de restaurer une certaine éthique
de la pratique scientifique, avec le même compagnon d’armes.
Comment cette idée d’un serment d’Hippocrate pour les biologistes
est-elle née ? Elle est née à la suite de deux
constatations. Tout d’abord , on s’aperçoit que les biologistes
moléculaires et les généticiens ont aujourd’hui
la possibilité d’intervenir sur la transformation du monde à
une vitesse inégalée dans l’histoire des hommes. Il est
essentiel que les jeunes chercheurs se posent des questions sur les
conséquences des modifications qu’ils opèrent. Ensuite,
on constate que de plus en plus, les pouvoirs publics permettent le
rapprochement des scientifiques et des industriels. Nous devons donc
organiser l’indépendance de l’expertise. Et il n’y en aura pas
sans questionnement éthique à la base.
A quoi
s’engagent les chercheurs en prêtant ce serment ? En lisant ce
serment au moment de leur thèse, ils s’engagent d’abord à
analyser les objectifs de leurs recherches, leurs méthodes de
travail et les conséquences des fruits de leurs travaux. Avec
le riz enrichi en vitamine A, par exemple, beaucoup de chercheurs pensent
éviter a cécité à des petits nécessiteux
en leur donnant en même temps le riz et la vitamine. Mais lorsqu’on
va voir les paysans thaïs qui cultivent ce riz, on constate qu’ils
l’arrachent et manifestent dans la rue. Ils expliquent que c’est la
monoculture industrielle qui les appauvrit, qui les exploite et les
empêche d’avoir un terrain sur lequel ils pourraient cultiver
des carottes, par exemple, par lesquelles ils auraient la vitamine A
et une alimentation plus équilibrée. Autrement dit, en
voyant les choses de son laboratoire sans ouvrir la fenêtre, on
peut crier au miracle. Mais quand on se questionne un peu mieux, qu’on
prend en compte l’économie du monde et qu’on écoute les
utilisateurs potentiels de ces découvertes, on se rend compte
qu’ils n’en n’ont pas besoin et qu’elles vont sans doute appauvrir les
variétés de riz à leur disposition. Il ne s’agit
pas de dire que ce riz n’aura aucune conséquence bénéfique,
mais avant de crier au miracle, analysons les données et ayons
un esprit d’ouverture.
Comment un scientifique peut-il connaître
les conséquences de ses découvertes et ses applications
dans un avenir parfois très lointain ? A partir du moment où
une découverte est faite, elle ne lui appartient presque plus.
Est-ce la recherche qu’il faut stopper ? Il ne s’agit pas d’arrêter
la recherche, mais de lui permettre de se questionner sur ses buts et
ses fondements, ses moyens de financement et ses objectifs premiers.
C’est une analyse indispensable à toute action importante sur
le monde.
J’espère que nous allons, par ce serment, stimuler
le fait que les jeunes chercheurs comprennent qu’ils ne connaissent
pas toujours suffisamment le moteur sur lequel ils travaillent, en génétique
notamment. Ca va peut-être réorienter les recherches sur
une meilleure connaissance du génome, des gènes et surtout
des interactions complexes entre les gènes et leur environnement.
Nous n’allons pas arrêter la recherche, mais plutôt la stimuler
dans un sens plus respectueux de l’environnement, du bien ou de l’intérêt
commun.
Oui, mais le chercheur en science fondamentale qui
établit une nouvelle théorie ne peut pas avoir conscience
du détournement potentiel de sa découverte 50 ans plus
tard. On ne demande pas au chercheur d’avoir conscience d’une utilisation
de ses découvertes 50 ans plus tard, on lui demande de s’interroger
un peu mieux sur ses objectifs immédiats et de laisser tomber
un certain nombre de recherches qui ne servent dans ce cas là
qu’au profit ou qu’à breveter le vivant. On lui demande de respecter
l’environnement, le patrimoine génétique humain, de réfléchir
aux conséquences directes de ses recherches. Tout jeunes, ils
cherchent surtout à avoir un job. Il faut qu’ils soient conscients
que les recherches transforment le monde. Cette première prise
de conscience permettra la dénonciation de manipulations abusives
dans les laboratoires, pour lesquelles les gens savent très bien
ce qu’il font sans le dire. Aujourd’hui rien n’empêche un chercheur
avec l’investissement d’une belle voiture d’aller en Amérique
du sud ou en Afrique faire des hommes transgéniques. Il ne tombera
sous le coup d’aucune loi, tout au plus, l’Unesco ou certains pays vont
crier au scandale. S’il y a un conseil de l’ordre, son acte délictueux
sera dénoncé. Même s’il est difficile de mettre
en place une structure qui contrôlera le travail des biologistes,
il faudra progressivement y venir.
N’est-ce pas délicat
de demander aux chercheurs de s’engager personnellement par un serment
symbolique ? Ca ne choque personne que les avocats ou les médecins
qui ont un impact sur le monde prononcent ce genre de serment au moment
de leur thèse.
C’est la société ou les
scientifiques qui sont demandeurs de plus d’éthique ? Si nous
avons du succès aujourd’hui pour la mise en place d’un tel serment,
c’est parce qu’il y a justement une contribution des deux : la société
voudrait avoir confiance en la science et envers la transformation du
monde et les scientifiques ont besoin de se situer dans un cadre plus
éthique et plus respectueux de la société dans
laquelle ils travaillent, pour retrouver justement cette confiance qu’ils
sont en train de perdre. Sans serment finalement c’est l’éthique
de l’économie libérale et donc des multi-nationales qui
est acceptée.
Quel est l’avenir de ce serment? Quels
espoirs cultivez-vous à son égard? On va d’abord demander
au ministère de l’Education Nationale de bien vouloir inscrire
ce serment au programme des écoles doctorales. Ceci est très
possible, puisqu’une charte éthique entre l’étudiant et
son directeur de thèse a récemment été mise
en place dans les écoles doctorales, signifiant la manière
dont ils doivent travailler ensemble. Les écoles doctorales à
travers la France peuvent assez vite mettre en place ce genre
de
serment. L’Europe ensuite qui est très en attente de ce type
de décision pourra harmoniser ce système avec des adaptations
laissées à la discrétion de chaque pays, de chaque
culture. Mais je ne vois aucune raison fondamentale pour s’opposer à
ce type de chose. La génétique modifiant le monde, il
s’agit de s’engager pour que cette modification soit pour respecter
ce monde et non pour profiter de lui.
Propos recueillis par
Eric Bony
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